Makassar, visas et poissons

Le 8 avril 2018

Depuis notre journée « planning » à Samarinda, on sait parfaitement ce qu’on va faire dans les jours qui arrivent et on est nettement plus motivé !
Première chose : prendre l’avion à Balikpapan vers Makassar, capitale de Sulawesi et lancer nos démarches d’extension de visa ! Notre avion étant justement dimanche et le bureau d’immigration ouvrant le lundi, c’est le scénario idéal ! On espère avoir nos extensions de visa dans la semaine. Sinon, on fera un petit tour.

Le dimanche matin, c’est parti vers l’aéroport de Balikpapan. Il est sur le chemin du bureau d’immigration d’ici donc on connait le chemin maintenant, facile. Prendre l’avion en Indonésie, on commence à connaître aussi donc facile aussi ! Une petite crasse dans la zone « duty free » et hop c’est parti. Une heure plus tard, nous voici à Makassar, ville de 1,6 millions d’habitants (Bruxelles peut bien aller se cacher…) ! Il existe un bus de l’aéroport au centre-ville, ce qui nous arrange parfaitement parce que c’est là que se trouve notre hôtel. Arrivés, on peut souffler et se poser enfin dans notre petite chambre.
Le wifi est excellent mais il y a quelque chose qui nous turlupine. Une odeur d’animal crevé semble s’être installée dans la pièce et impossible de déterminer d’où elle vient… On a beau retourner la couverture, aller voir dans la petite salle de bain, ouvrir les tiroirs un peu moisis, nous sentir nous-même, pas moyen de trouver d’où ça vient. On réalise par contre qu’il y a plein de crasses sous le lit et au-dessus des meubles, ça viendrait peut-être de là ? Au final, la couverture sentant le plus fort, elle est mise dans le placard et substituée par nos sacs à viande pour cette nuit. Dormons une nuit et voyons demain. D’autant plus qu’un cafard se baladait tranquillement près du lit (d’habitude ils se cantonnent à la salle de bain).

Le lundi matin, il est enfin temps d’en finir avec cette histoire de prolongation de visa. Direction le bureau d’immigration ! Un bemo (un angkut quoi, mais version Sulawesi) et 45 min plus tard, on y est. Un comptoir, puis un autre et c’est parti pour les démarches ! Un dossier à remplir, des photocopies de notre visa et pour le reste, on l’a déjà (photocopie du passeport, vol de sortie). Nous n’avons juste pas de personne de référence en Indonésie, et on prie pour que ce ne soit pas nécessaire (c’est un peu notre crainte parce que des blogs sur internet disent que c’est obligatoire). Le dossier remis avec les documents, on ne nous pose pas plus de question. Ouff ! Rendez-vous dans deux jours pour prendre notre photo et nos empreintes digitales avant de récupérer notre passeport.
 

Les paperasses de l'extension de visa
Le temps de faire toutes ces procédures, l’après-midi commence. Il est temps de s’accorder un petit repas et une pause digestion à l’hôtel avant la suite. La chambre sent toujours la bête crevée… On verra plus tard.
Le soleil étant un peu moins haut dans le ciel, nous visitons le Fort Rotterdam, une ancienne forteresse néerlandaise du temps de la colonisation, aujourd’hui reconvertie en musée entre autres. L’après-midi a beau être avancée, il fait toujours troooop chauuuud. Après la visite, nous longeons la mer et décidons de goûter l’une des spécialités de Makassar : le Pisang Epe, des bananes grillées et un peu écrasées arrosées de caramel avec éventuellement d’autres garnitures sucrées. Ajoutons à ça un jus d’avocat-chocolat. Miaaaaaam, comme ça fait du bien !
Finalement, il est déjà temps d’enchaîner avec le souper avant de rentrer à l’hôtel. Et l’odeur est toujours là… En plus un nouveau cafard se sauve en sortant de notre lit ! Là c’est un peu too much et donc on décide d’aller demander une autre chambre, même s’il est 23h. Pas de problème. Le gardien nous accompagne vers une nouvelle chambre mais pas moyen de l’ouvrir. Une autre chambre alors, mais dans celle-ci, la lumière ne fonctionne pas. Une autre alors, mais dans celle-ci, la clim ne fonctionne pas. Au bout de quelques minutes à parcourir les étages, notre gardien essoufflé et transpirant, mais malgré tout souriant, nous laisse nous installer dans notre nouvelle chambre, similaire à l’autre mais bien plus propre, qui sent bon et sans moisi. Ça nous permettra d’être à l’aise jusqu’à la fin des démarches du visa.

Après une nuit bien meilleure que la précédente, nous quittons l’hôtel en direction de notre « attraction » du jour, le marché aux poissons et le port abritant les élégants bateaux Bugis (les Bugis étant le peuple musulman habitant la région Sud de Sulawesi). Comme à notre habitude, nous effectuons le trajet à pied depuis notre logement, croisant au passage tous les gens souriants et répondant aux innombrables « Hello Mister ! » (On a réalisé que Mister désigne autant Paul que Francé, pas de jaloux !).
 

Les petits quartiers
De chouettes enfants qui nous ont demandé de les photographier :D
Juste avant le marché aux poissons, nous tombons même sur un adorable petit quartier parcouru de fines impasses. Partout ce sont des sourires et des grands gestes pour nous faire coucou. Nous les laissons derrière nous pour aller au marché aux poissons. Et on peut dire qu’on n’est pas moins bien accueilli ! Tous les pêcheurs/vendeurs veulent poser montrant avec fierté leurs prises du jour !
 
Fiers de montrer leurs belles prises
On provoque des grands fous rires dans le hangar qui résonne. La séance photo prendre même une drôle de tournure alors qu’on se voit mettre en main des poissons pour la pose.
 
Les poissons sont de toutes sortes, allant de petits ordinaires à quelques requins et raies manta en passant par d’énormes thons et barracudas.
 
Tout est bien rangé :)
Des vendeurs de gros ! Requins, raies, ...
Une fois quasi tous les stands photographiés, nous remercions chaleureusement nos nouveaux amis de s’être prêtés aux photos et prenons la direction du port où sont arrimés les navires. On s’arrête dans un petit café de pêcheurs où policiers et gens du quartier discutent footbal belge avec Paul (ils conaissent même le Standard !).
 
Un vendeur de poissons sèchés
Un gros poisson sèché
Vente d'ailerons de requins sur la route (n'oublions pas que c'est interdit !)
Vente de concombres de mer sur la route
Les quais ont l’air d’être plus touristiques que le marché étant donné qu’on doit payer un petit droit d’entrée. Mais ça en vaut largement la peine. Les bateaux Bugis sont vraiment jolis et impressionnants tandis que les pêcheurs qu’on croise sont tout aussi amusés par les photos. Ils interrompent volontiers le chargement de la glace destinée à conserver les poissons pour poser avec ou sans nous.
 
Les bateaux Bugis
Les bateaux Bugis
Des vieux camions
Rencontre avec les glaciers
Rencontre avec les glaciers
Rencontre avec les glaciers
Les blocs de glace font bien 1m50 de long et 30cm d'épaisseur
Enfin arrivés au bout des quais, il s’avère qu’il existe une autre entrée secrète sans payer pour rejoindre les quais ! Zut. On la prend dans l’autre sens pour visiter le quartier de pêcheurs voisin fait de petites ruelles et de maisons en taules nettement plus défavorisées. Puis on termine notre balade vers l’autre extrémité des quais. Il est finalement temps de remettre le cap vers le centre-ville et le refuge climatisé de notre chambre.
 
Même la police pose pour nous :)
Les quartiers de pêcheurs
Au loin des épaves
Un pêcheur sort sa cargaison du bâteau
Les enfants des bas quartiers jouent dans de vielles épaves
Afin de finir la journée bien remplie en apothéose, on se prendrait bien un petit Pisang Epe ! Chose dite aussitôt faite ! Après notre souper, nous profitons donc de notre bon dessert au bord de la mer, sur la longue esplanade de Makassar. Mais alors que la soirée semblait prête à se finir ainsi, nous voici interpellés sur le chemin du retour par quelques jeunes indonésiens. Quelques minutes plus tard, on se retrouve assis à leur table à discuter. L’un d’eux, guide en formation, se met en tête de planifier la semaine qu’il nous reste à Sulawesi ! Ca c’est quand même bien sympa ! On lui explique que nous pensons aller plonger du côté du sud-est de l’île après nos démarches de visa et avant notre ferry. Il nous fait donc un planning dans ce sens mais aussi un autre planning dans le cas où nous voudrions aller du côté du pays Toraja, zone montagneuse réputée pour son architecture typique et sa culture très particulière (notamment avec leurs funérailles). Quelques heures et des leçons de langue (indonésien, français et autres) plus tard, il est tout de même temps d’y aller et nous remercions une nouvelle fois notre nouvel ami pour son aide spontanée ! Ensuite, zou, au dodo pour être présentable pour la photo des dossiers de visa !
 
Découverte du pisang epe
Rencontre avec un futur guide (à gauche) et ses copains
Le matin suivant, il est enfin temps d’aller finir les démarches administratives. Paul se sent un peu fiévreux mais pas grand-chose heureusement. Un antidouleur et let’s go. Un bemo, c’est fait, une photo, c’est fait et des empreintes, c’est fait ! Enfin nous voilà avec notre passeport dûment complété ! Bonne surprise, car des blogs sur internet disaient que ça leur avaient pris deux semaines avec des taches plus laborieuses. Pour fêter ça, un KFC ! 😀 Parfois, ça fait du bien un craquage comme ça…
 
Un KFC pour fêter l'extension de visa
Un table classique en Indonésie/Malaisie: nouilles, thés, sauces
Une fois rentré à l’hôtel, Paul ne va pas vraiment mieux et a contracté une angine blanche. Espérons que ça ira mieux le lendemain parce que ce sera le moment de partir suivre le planning proposé par notre ami de la veille. En ce sens, nous avons changé de décision : ce n’est plus de la plongée dans le sud-est mais bien de la culture au nord, dans le pays Toraja que nous allons faire, convaincus par notre ami apprenti guide !
Au final, nous restons un jour de plus à Makassar parce que Paul ne se sent toujours pas mieux et reste la journée au lit tandis que Francé veille au grain. Mais grâce aux antibiotiques, il est enfin temps de prendre le bus vers Toraja le jour d’après. Yes !
3

Laissez-nous un petit mot ...

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.